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Fischerspooner
posted Jeudi 17.03.2005

Alors qu'ils passaient déjà en live à Berlin, Barcelone ou Londres, le duo new yorkais Warren Fischer et Casey Spooner s'est surtout fait connaître, il y a 4 ans, lors de la vague Electroklash, avec le tubesque 'Emerge' issu de leur 1er album eponyme, sorti sur International Deejay Gigolo. Ce track a été remixé par Dave Clarke, Terranova, Dexter, c'est dire la puissance de ce son teinté de Soft Cell et de Human League! Aujourd'hui, le duo a mûri et malgré un single très eighties, 'Just let go', leur nouvel album, 'Odyssey', veut rendre hommage à tous les classiques du rock des années 60 et 70.

4 ans après, comment vois-tu le phénomène 'Electroklash'? Vous vous étiez sentis récupérés par un mouvement de mode, Casey et toi, ou bien vous avez vécu cette période à fond?
Warren Fischer: Ce mouvement n'a pas changé grand chose à notre travail, ni à notre manière de le faire. Bien sûr, des gens attachent rapidement votre nom à un courant, sans trop savoir pourquoi. Quand on fait quelque chose dans la musique, on s'expose toujours à l'interprétation des autres... Mais bon, dans le cas de l'Electroklash, cela ne pose pas de problème. Notre public s'est élargi et surtout, on s'est très bien senti dans dans cette mouvance qui ne disait qu'une chose 'Fuck off'. (rit) Oui, c'était l'idée de n'en avoir rien à foutre de ce que pense les autres et de faire ce que tu as envie, comme tu as envie. C'était un moment vraiment très excitant! Tiga, Peaches, DJ Hell, The Hacker, etc. Aux quatre coins de la planète, des gens, sans se connaître, ont partagé cette idée et ont commencé à faire la musique qui y correspondait. Ce n'était pas uniquement une mode passagère.

Cette mode vous a-t-elle ouvert des portes en Europe?
Elles étaient déjà ouvertes! Pas besoin de donner un coup de pied dedans (rit)! On était déjà présents à des festival à Berlin, à Londres, en Espagne... Seulement, peut-être que ce mouvement nous a aidé à nous voir sous un autre jour, moins sérieux. Car au début de Fischerspooner, on voulait juste faire un truc dingue, avec de l'humour, à la limite du ridicule dans la pop music.

Comment vois-tu ce lien, toi, entre ce côté punk et la musique électro?
Justement on était à l'époque où le matos, les ordinateurs, les synthés, les samples, etc, coûtaient moins cher et où tu n'avais plus besoin de réunir un groupe avec des instruments, etc. Tu pouvais commencer recta. Et dire 'fuck', je fais mon show avec les moyens du bord. Genre je m'en fous et me lance à fond! Do it yourself!

Le single 'Just let go', tiré du nouvel album, fait le lien avec cette époque. Mais 'Odyssey' est assez différent du son d'avant. Pourquoi ce retour au rock? On entend pas mal d'influence comme Pink Floyd ou les Beatles.
L'idée était de faire un album plus 'classique', dans le genre, qui reste alors que les années passent... On s'est donc intéressés aux artistes 'classiques' du rock de ces 40 dernières années. Il faut dire que notre signature chez un gros label nous a permis d'avoir plus de moyens financiers, donc plus de matériel, donc plus d'ambition. On a bossé avec des musiciens, surtout des guitaristes, qu'on ramenait au studio pour des sessions qu'on enregistrait. C'était une sorte de groupe 'virtuel'.

Cela représente quoi pour toi cette période '60, '70? Un moyen de sortir musicalement de ces éternelles années '80?
C'est bizarre, mais la première fois que je suis rentré dans le studio pour bidouiller les débuts de l'album, j'ai eu une date en tête: 1968. Je suis resté braqué là-dessus et j'ai repensé à la musique qu'on écoutait étant gosses à la radio. Ensuite, une autre image est venue, celle du mouvement romantique! Des deux côté, on met l'intuition et l'émotion avant la raison et on adore ce qui est surnaturel, les uns avec l'opium, les autres avec les acides.(rit) Mais avant tout, je trouve qu'il y avait un goût pour les héros, les originaux qui s'exprimaient par eux-mêmes, sans s'occuper des autres. Jimi Hendrickx, Jim Morrison, c'est très romantique tout cela. Je voulais que ces idées donnent de l'émotion, de la chaleur et de la cohérence à l'album, sans que cela soit un album-concept, non plus. `

Cela ne te dérange pas si je te dis qu'on a l'impression que tu serais mieux à Berlin ou chez nous pour ta musique? Et puis Fischerspooner n'a-t-il pas plus de public en Europe?
J'adore vraiment New York qui n'est pas vraiment aux USA, pour moi. Il y a tout ce qu'il faut pour la musique que j'aime, dans les endroits que j'aime. D'accord les medias sont à chier aux Etats-Unis. Mais, en faisant une tournée dans tous les Etats-Unis, je me suis rendu-compte qu'une sorte de communauté secrète parvenait encore à écouter de la musique underground et ce, grâce à internet. Alors, 500 personnes dans une petite ville américaine qui connaissent tes morceaux, ça le fait. Rassemble toutes les villes et tu pourras voir que je n'ai pas spécialement plus de public en Europe qu'aux USA. Je préfère me dire, sans comparer, qu'il existe un public international. D'ailleurs, après le Brésil, on va bientôt au Japon...



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