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Loco Dice
posted Vendredi 09.05.2008

Loco Dice est une des étoiles montantes de l'univers de la minimal house. Les mordus d'Ibiza le connaissent certainement déjà de ses sets dans les clubs tels que le DC10, les autres ont sans aucun doute été agréablement surpris par l'avalanche de ses productions sur Ovum, Cocoon, M_nus et Cadenza. Depuis Loco Dice est devenu un des incontournables de la scène actuelle. Est-ce qu'il arrivera à nous surprendre avec son premier album '7 Dunham Place', sorti sur son nouveau label Desolat? Vous trouverez la réponse dans les lignes ci-dessous.

T'as comencé comme dj hip-hop et mc. Qui étaient tes héros?
Surtout des artistes de la scène West Coast, comme Snoop Dogg et Dr. Dré. Mais j'écoutais aussi de la P-Funk et de la G-Funk, genre George Clinton. Du r'n'b soulful, ce n'est pas vraiment mon truc.

Comment as-tu atterri dans le monde de la house? Qui t'a inspiré?
Bof, pas vraiment quelqu'un de spécial? J'ai pris ce tournant en 1998. J'ai découvert les disques de DJ Sneak, Little Louie Vega, Armand Van Helden... Pour moi c'était également de la black music, aussi bien que le hip-hop. De plus j'en avais vraiment marre de ce monde là. Voilà pourquoi j'ai adopté la house.

Tu n'as jamais quitté Düsseldorf, la ville où tu es né. Est-ce qu'il y a une scène là-bas?
(rit) Mais bonhomme, qu'est-ce que tu radotes là. Düsseldorf c'est la ville de Kraftwerk et de Hardfloor! (rit) Non, sans blague, t'as raison. Düsseldorf est minuscule, comparée avec des villes telles que Francfort, Cologne ou Berlin. Mais tout près il y a le Tribehouse, un club qui invite souvent des artistes internationaux.

Comment as-tu connu Martin Buttrich, avec qui tu produis tes disques?
Et bien, dans le temps je travaillais dans une agence de booking. Je m'occupais des artistes hip-hop. Un jour quelqu'un s'est fait virer et on m'a demandé de prendre sa place. 'Il faut juste t'occuper des bookings', ils m'ont dit, 'techno, hip-hop... c'est du pareil au même' (rit). J'ai fini par m'occuper des bookings de Timo Maas, qui me demandait souvent pourquoi je ne passais jamais. (rit) J'ai dû admettre que je n'aimais pas vraiment sa musique mais j'y suis allé quand même. C'est pendant une de ses soirées que j'ai rencontré Martin. Comme tu sais c'est lui qui fait la musique de Timo. Après quelque temps, on se fréquentait pendant des soirées, et pourtant des années se sont passées avant qu'il m'invite dans son studio pour y enregistrer un disque.

Quels sont ses points forts? Pourquoi vous vous entendez tellement bien vous deux?
Martin comprend mieux que n'importe qui d'autre comment je me sens et où je veux aller. Il est beaucoup plus calé en ordinateurs et en machines que moi. Moi je suis avant tout quelqu'un qui aime la compagnie, je n'aime pas travailler seul.

Pourquoi vous avez commencé votre propre label, Desolat?
On est tous les deux des fanas de musique. Il y a tellement de musique dans le monde qu'on voulait donner un coup de main pour la faire connaître. Desolat est un passe temps pour nous. Le but n'est pas de grouper quelques artistes autour de nous et de sortir leurs disques, comme beaucoup de labels le font. Si on aime un morceau, on le sortira, peu importe l'artiste. On ne veut certainement pas se limiter à notre propre travail. OK, on sort notre album sur Desolat, mais c'est surtout parce qu'on veut en garder le contrôle à tout prix.

Pendant l'enregistrement de '7 Dunham Place', vous avez habité Brooklyn pendant huit mois. C'était quand? Comment l'idée t'es venue? Pourquoi Brooklyn?
Hmm, on a enregistré l'album pendant l'hiver 2006 - 2007. Habiter là-bas était mon rêve depuis toujours. L'idée m'était venu déjà en 2004. New York est une ville tellement magique, spirituelle et multiculturelle. N'oublie pas que je viens du milieu hip-hop. Mes racines sont là.

J'imagine que ce n'était pas facile à organiser?
Oui, c'était dur de chez dur. Sans l'aide des copains, on n'y serait jamais arrivé. Il y avait tellement de choses à régler: les douanes, le transport de la moitié du studio de Martin, trouver un loft, replanifier les bookings pendant huit mois... Je suis tellement content qu'on ait réussi à le faire, ça faisait tellement de temps qu'on en parlait. Je suis sûr que Martin ne m'a pas cru quand j'ai lancé l'idée pour la première fois. Il m'a dit d'emblée 'Ouais, ouais, bien sûr, on y va, on déménage à New York' (rit)!

Qu'est-ce que ce fait là a changé pour '7 Dunham Place'? L'album aurait sonné différemment si vous l'aviez produit en Allemagne?
Tout à fait. Le studio que Martin possède à Hannovre est incroyable, c'est vrai, mais j'espère que cette fois-ci, c'est autre chose encore. Je voulais un son plus cru pour mon premier album, vraiment old school, un retour vers mes racines. à mes yeux on a réussi, je suis très content. Quand on est rentré on a mis les tracks de côté pendant un certain temps, avec l'idée de les mixer dans le studio de Martin. Mais quand on a les a réécouté pour la première fois, on a décidé de tout laisser tel quel et de ne rien changer.

Vous avez vécu ensemble pendant huit mois en tout. Votre relation a-t-elle changée?
Certainement. On est devenu des frères. On s'est engueulés, on a ri ensemble, on en a vu des vertes et des pas mûres. Un certain moment on était en plein hiver, on n'avait pas de chauffage, notre famille nous manquait... Mais on a survécu (rit). On a certainement appris des choses l'un de l'autre.

T'as des anecdotes à nous raconter à propos de votre vie à Brooklyn?
Oh, il y a plein de trucs que j'ai retenus. Tous les jours, il se passait quelque chose. Des gangsters, des sans abris, New York est plein de fous, mon ami. Mais après un temps ça devient New York, tout simplement. Rien ne te choque plus, ni le mec à poil dans le métro, ni la star du cinéma qui mange sa pizza à côté de toi.

Sur la pochette on trouve vos photos de voyage. C'est quoi pour toi, l'image ultime de New York?
Le toit de notre loft. Je n'oublierai jamais ce toit.



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