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Massimo Girardi
posted Mercredi 22.10.2008

Des talents belges, il y en a en pagaille, on est bien placé pour le savoir. Prenez par exemple Massimo Girardi. Ce fils de parents italiens, né en Belgique, a aujourd'hui vingt-six ans. Durant la semaine il bosse à l'usine, la nuit et le week-end il continue au même rythme. Il n'y a que le lieu qui change, car le vendredi et le samedi il monte dans le dj-booth. Depuis qu'il a a pris la commande des platines lors des soirées Forbidden Fruit, il récolte partout des éloges. Il était donc grand temps qu'on cuisine ce Limbourgeois aimable sur ses prouesses.

Tu opères sous ton propre nom. C'est rare.
Tout à fait oui. J'ai commencé à mixer sous le nom Massimo, parce que je ne mixais que pendant des soirées locales. Mon pote Tofke m'a conseillé d'utiliser mon nom complet, vu la consonance internationale. Je me suis moqué de lui à l'époque, mais j'ai quand même décidé de suivre ses conseils.

Tu as entamé ta carrière de dj vers l'année 2001. Quel était ton background à ce moment-là?
Je sortais beaucoup, surtout à l'Illusion et au Carat. J'ai connu les deux dernières années du Carat. Selon les anciens, la plus grande époque de la boîte appartenait alors déjà au passé, mais moi j'adorais. C`est là que j'ai entendu mais premiers tracks techno à la Plastikman. Après j'ai eu moins envie de sortir, je préférais bidouiller moi-même. Par le biais d'un ami je suis rentré en contact avec le monde du dj-ing. Il achetait de tout et moi je l'accompagnais. On ne s'y connaissait vraiment pas du tout. Mon pote a arrêté après trois ans mais entre-temps moi je me suis lancé. Aujourd'hui il regrette d'avoir arrêté.

Qu'est-ce que tu jouais à cette époque-là?
Surtout de la progressive. J'ai été résident à l'Outline pendant un certain temps où je mixais surtout de la musique un peu plus deep, plus atmosphérique, que je mélangeais avec de la techno. Je reprenais souvent des choses. C'était tout à fait différent de ce que je fais aujourd'hui. J'ai vraiment trouvé mon son maintenant.

La progressive a eu son temps dans la vie nocturne belge, non?
Bien sûr. La scène progressive belge a d'ailleurs toujours été très petite. En Belgique il n'y avait que Marko, Phi-Phi, Peter Novak et quelques dj étrangers qui attiraient du monde.

Tu ne trouve pas que c'était la même musique qu'aujourd'hui, sauf qu'on l'appelle minimal ces temps-ci?
C'est un style qui a évolué, ce qui est normal, certainement au niveau de la musique électronique. En tant que dj tu peux surfer sur la vague, mais je trouve toutefois qu'il faut rester fidèle à son propre son ainsi qu'à ses racines. Personnellement j'ai évolué de la progressive vers la minimale et la tech house, mais je joue toujours deep. Je ne vais pas commencer à jouer des tracks vocaux d'un jour à l'autre. J'aime aussi toujours sortir de mes bacs des anciens disques.

Tu n'as pas connu la grande époque des clubs belges, mais bien la fin d'une époque. Qu'est-ce qui a changé dans la scène club en dix ans de temps?
Avant que j'ai commencé à mixer je trouvais toujours qu'il y avait beaucoup d'ambiance. Une fois que j'étais dj je passais mon temps dans des boîtes tels que La Rocca et l'Illusion, où je planais déjà nettement moins. Peut-être parce que j'étais déjà plus âgé? Ou parce que j'étais davantage concentré sur la musique même? La vie nocturne belge est tout à fait différente que celle d'Ibiza ou de Berlin où le jet set sort sur de la techno. Les gens y sont également nettement plus larges d'esprit.

Est-ce que tu peux expliquer pourquoi tu trouves l'atmosphère moins intense ici?
Je crois que c'est à cause de toutes ces étiquettes qu'on colle sur la musique pour l'instant. À l'époque on entendait de tout au Carat, il 'n'y avait pas tous ces genres différents. En ce moment on se concentre trop sur le même style. Les gens ont tous une opinion là-dessus, même s'ils n'achètent plus. Dans les clubs comme le Silo toutefois, on ne retrouve pas cette ambiance. Les gens y viennent toujours à cause de la musique, j'adore mixer pour eux. J'ai beaucoup de respect pour les gens qui s'intéressent à la nouvelle musique. Je veux évoluer, innover.

Pourtant t'as de nombreux contacts avec l'ancienne garde: Zolex, Tofke et Jean. Explique-nous comment tu les a connus.
Je connais Zolex (Frank Struyf ndlr) depuis mon époque à Outline où on était tous les deux résidents. On s'est fait virer là parce qu'on ne voulait pas adapter notre musique. Après on a commencé à mixer à Heers, à l'afterclub Spectrum, qui malheureusement n'a existé que pendant trois semaines. Après j'ai occupé le dj-booth de temps en temps lors de soirées de Zolex. Frank est devenu un vrai pote. Au Limbourg la scène techno est minuscule, on s'y serre les coudes. J'ai appris beaucoup des anciens: quel comportement adopter pendant certaines situations, comment construire un set, comment ouvrir...

Ces gens appartiennent à une autre génération que toi. Ca se remarque non?
On ne le dirait pas quand tu vois Zolex à côté de moi. Il est toujours aussi vif qu'il y a quinze ans (rit). Il se lance à fond, la musique est sa passion. Il a toujours suivi sa voie à lui. Mais il y a effectivement une grande différence: les anciens n'ont jamais travaillé. Moi-même j'ai commencé à mixer tout en travaillant à temps plein. Les gens qui sont déjà dans le circuit depuis quelques années ont davantage le temps pendant la semaine pour s'en occuper. Essaie d'entrer en studio quand tu reviens de ton travail. J'adore, mais c'est vraiment fatiguant. De plus, je suis obligé d'acheter mes disques le week-end tandis que les meilleurs plaques sortent souvent le jeudi ou le vendredi.

Ca fait un petit temps que t'es résident des soirées Forbidden Fruit. Comment t'en es arrivé là?
Par le biais d'un pote qui a donné un cd avec un de mes sets à Wim (l'organisateur ndlr) et puis encore un. Apparemment il a du aimer, car il m'a engagé de suite en tant que résident. Depuis que je mixe à Forbidden Fruit, l'événement a évolué dans la direction que j'aime. Je peux y faire ce que je veux et on y apprécie ma manière de travailler. Je suis donc très content car en Belgique il n'est pas simple de faire des bons contacts.

Tu produis également de la musique pour l'instant.
Il y a un an et demi j'ai sorti un vinyle avec Miquell Santos. Il y avait un track à moi: 'Dry Sky'. C'était plutôt commercial, de la néo-trance. C'était à l'époque que je jouais un peu partout, avant Forbidden Fruit. Je vais sortir également un morceau sur Dark Kitchen, le nouveau label de Zolex. On est tous des fanas de vinyle, il sortira donc sur vinyle.

Est-ce que tu veux continuer dans cette voie?
Absolument. Tout comme pour mes activités de dj je vais m'y lancer à fond, tant que ma passion dure. Depuis que je produis moi-même, je regarde la musique d'une autre façon. J'achète également des disques qu'on ne peut pas jouer en club, simplement pour les écouter.

Il t'arrive de les essayer en club quand même?
Non, je trouve que leur charme réside dans une écoute chez soi. Je trouve toutefois que je suis ouvert à beaucoup de choses en ce qui concerne la musique électronique. Je clôture mes sets souvent avec un track assez ambient, parfois même dubstep ou disco ancien. Du moment que je le sens.

On restera un peu plus longtemps la prochaine fois!



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